Quand l’âge nous rend sage !

Ebook

Quand ce n’est pas le temps qui fait mourir l’amour et la sexualité, c’est les professionnels du livre !

Vers quel âge avez-vous pris conscience que vous ne veniez ni d’un joli chou-fleur ni du bec d’une cigogne ? Que vos gentils parents s’aimaient et faisaient des coquineries ?

Gertrude-la-bibliothécaire* s’étonne de tant de laisser aller et préfère censurer ces ouvrages un peu trop intimes. La censure n’est pas seulement destinée aux adolescents fragiles, et bien qu’étant le fruit de tabous personnels, elle s’applique à tous les publics. La démocratie est-elle donc une question d’opinion et de personnalité?

Et quand le professionnel adopte un comportement satisfaisant, voilà que l’établissement prend peur et que la censure s’installe. Aller au devant des aspirations des parents, des citoyens, des usagers est une chose, mais contrôler les lectures ne devrait pas être une valeur de notre société.

Et puisqu’on part dans les excès, à quand l’autodafé?

  • Le personnage de Gertrude est une caricature.

Gentils censeurs VS délinquants

http://images.midilibre.fr/images/2014/02/15/tous-a-poil-vu-d-ici_807882_510x255.jpg  (PHOTO : D.R)

"Cette littérature spécifique qu’est la fiction pour adolescents constitue le miroir morcelé de nos fantasmes mortifères et réactualise une angoisse oubliée à jamais innommable. Elle est une littérature de révoltes et, lues par des adultes qui n’ont pas résolu d’importants conflits psychiques désormais refoulés, elle déclenche une mobilisation des défenses inconscientes du moi, et dans certains cas un rejet qui se traduit parfois par de violents appétits de censure."

Extrait de l’ouvrage d’Annie Roland, Qui a peur de la littérature ado ?
Approche clinicienne

Qui n’a jamais rencontré en bibliothèque ce collègue prévoyant qui, fier et responsable, vous confie lire l’ensemble des ouvrages qu’il met en rayon ?

A des fins de protection, à grands coups de moral et de vigilance, le professionnel scrute les thématiques à la recherche de la perversion, du diable caché dans les pages. Avec sa lampe de spéléologie, il hante les rayonnages et déniche des trésors oh combien diaboliques ! Une fesse dénudée par-ci, un bisou entre hommes par-là, un témoignage de viol en haut de l’étagère ; et tandis que les histoires de suicides et de mélancolie pullulent dans les rayonnages, le professionnel s’arrache les cheveux.

Si la peur, la haine, la violence, l’amour font partie des thématiques de la littérature de jeunesse, elles ne sont que le reflet de la réalité. Les souvenirs de ma propre adolescence me renvoient à des questionnements existentiels difficiles, à une période de recherche d’identité, d’identification et de confrontation, et il en est de même pour les adolescents d’aujourd’hui. La littérature permet de connaître et d’ainsi mieux appréhender son être et le monde dans lequel on vit. Effectuer un tri dans des ouvrages à destination du public, jeune ou non, c’est les destituer de leur capacité de réflexion et en cela, les réduire à des assistés permanents. Difficile d’envisager une société plus responsable si les adolescents sont dès le plus jeune âge conditionnés à une certaine vision de la société et à une unique manière de penser.

L’adolescence n’est en rien un chemin tout tracé et tenter d’orienter par la censure une certaine manière d’agir n’aide pas ces futurs adultes à prendre conscience de ce qu’ils sont et peuvent être.

Le choix est une condition indispensable à la construction d’un individu. Reste aux adultes d’accompagner ces choix.

Il est évident que la censure des parents ou professionnels part souvent d’une bonne intention, mais proposer un monde édulcoré aux adolescents ne les aidera pas à résoudre leurs problèmes ni à construire leur propre identité. Et lorsque le passage à l’âge adulte se fera, on sera tous bien étonné de découvrir des individus immatures, conditionnés, et en pleine dépossession d’eux-mêmes.

Ne dit-on pas qu’il faut apprendre de ses erreurs ? Alors, laissons-les en faire quelques-unes et accompagnons-les dans leur construction plutôt que de les condamner à une surprotection pas si protectrice que cela…

N’oublions pas que l’appréhension de la violence ne signifie aucunement le passage à l’acte. L’ignorance, quant à elle, est propice au passage à l’acte.

Bibliothèque troisième lieu

 

Photo : The Shifted Librarian

La bibliothèque de Delft

Bibliothèque troisième lieu — C’est quoi une bibliothèque aujourd’hui ?!

Encore stigmatisées comme silencieuses et poussiéreuses par la génération Y, les bibliothèques, devenues médiathèques, tentent de faire peau neuve et de s’adapter à un public varié.

Cette adaptation passe par le réaménagement des locaux et le réajustement des services. La démocratisation culturelle est une priorité pour les bibliothèques, et à celle-ci s’ajoute la dimension sociale de l’établissement : la bibliothèque dans la cité, la bibliothèque pour la cité, la bibliothèque du citoyen, notre bibliothèque.

Si l’individualisme n’est pas le seul mal de notre époque, il est notable que la création de lieux de rencontres fait fureur et comble un manque évident de fraternité entre les individus. La bibliothèque devient alors un espace de sociabilité où les usagers viennent partager, échanger et vivre des expériences émotives uniques.

A mon sens, cette union entre culture et lien social est parfaitement représentée par le concept de bibliothèque troisième lieu. Notion forgée au début des années 1980 par Ray Oldenburg, professeur émérite de sociologie urbaine à l’université de Pensacola en Floride, le troisième lieu s’oppose au premier lieu (le foyer), et au deuxième lieu (le travail). Ce troisième lieu représente un espace complémentaire qui s’organise autour de la vie sociale, des rencontres et des échanges entre les individus.  Je suis assez intriguée par ce nouveau type d’établissement qui foisonne : réseau des bibliothèques des Pays-Bas, le Projet Niemeyer au Havre, la BMVR à Caen,  le Troisième lieu à Thionville, les Idea Stores à Londres, etc…).

Nous n’en sommes plus à l’idée d’une culture élitiste, une culture légitime dont la vocation est d’éclairer l’humanité. La bibliothèque a désormais pour vocation de favoriser l’échange entre les personnes, et de proposer une image valorisante du citoyen et de la communauté. L’intérêt, à travers ces bibliothèques troisième lieu, est de permettre à la population de participer activement à la mise en place d’une cohésion sociale et culturelle. L’usager, le professionnel, vous et moi, devenons ensemble les acteurs de notre propre culture. Une culture adaptée à nos besoins. Une culture populaire.

Je suis pour ce concept de bibliothèque troisième lieu, qui ne dévalorise en rien les collections, mais au contraire, met en avant l’individu et participe à l’instauration d’une harmonie sociale. Grâce à cette influence positive du troisième lieu, la bibliothèque est un espace chaleureux, intime où se mêlent rencontres, échanges, jeux et découvertes.

Après chez-vous, rien de mieux que la bibliothèque !

 

 

Inondation à la Bnf

Photo : Après l’inondation, les livres sèchent… © Radio France – Alice Serrano

Une inondation a endommagé environ 11 000 documents du département Littérature et Art du site François Mitterand de la Bibliothèque nationale de France. Les équipes se relayent pour faire sécher les ouvrages et œuvrent pour limiter les conséquences de l’incident sur les ouvrages.

Manifestement le destin s’acharne à détruire notre patrimoine écrit !

 

Quand les enfants boudent le livre

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Photo : nooccar, CC BY 2.0

 Article de référence sur ActuaLitté

 

Les nouvelles générations préfèrent le numérique. Selon une étude de la Digital Book World,  

Les nouvelles générations préfèrent le numérique. Selon une étude de la Digital Book World, deux enfants sur trois aux Etats-Unis choisissent le numérique plutôt que notre bon vieux livre imprimé.

 

 

Adieu livres !

 

Photo : San Antonio Express-News

La bibliothèque Bexar County BiblioTech library s’affranchit de ses livres !

Davantage de contenus interactifs mais plus aucun livre imprimé : place aux livres numériques, aux magazines en ligne, aux liseuses, tablettes et ordinateurs.

Il est passé où le livre ? Il est passé par ici, il repassera par là (ou pas !)

 

 

La littérature érotique, elle vous fait quoi à vous?

 

Les effets dangereux de

Photo : [Will Oliver / AFP]

L’actualité nous saoule d’érotisme à travers les nouveaux best-sellers tels que Cinquante nuances de Grey d’E.L. James, Beautiful Bastard de Christina Lauren ou encore Tout ce qu’il voudra de Sara Fawkes. Ces auteurs ne sont pas les premiers à enivrer nos sens, à les mettre en émois, et parfois même, à les choquer. Pensons au très connu Marquis de Sade, et à bien d’autres : à Fougeret de Montbron et à Margot [s]a ravaudeuse, à Duclos et à ses Confessions, à Rétif de la Bretonne…

Tandis que cette chère Ana Steele nous livre ses histoires bien coquines, et que nous nous émoustillons sur le torse de ce beau Mister Grey, ne serions-nous pas en train de nous voiler la face ?

Imaginez dans quelques siècles, notre époque sera représentée par … par les galipettes de Mlle, de Mr et de Mme ! De Mr avec Mme, de Mlle sous Mme, sur, sous dans, et j’en passe :)

Nous prenons un malin plaisir à lire ses ébauches érotiques qui tournent et retournent en rond, grand bien nous fasse ! Mais cette littérature me semble bien réduite :

Vais-je lui plaire, va-t-on s’encanailler,  et si l’on s’encanaille, comment va-t-il s’y prendre (me prendre :)), et vais-je aimer cela ? Suis-je trop naïve, prude, sainte-nitouche ? Ai-je trop de pudeur, pas assez de panache, de failles psychiques et de pouvoir érotique ?

Retrouvons notre jeunesse à travers ces émois adolescents (il a touché ma MAIN !), et perdons notre vieillesse à retrouver ce que nous avons perdu ! Ou cru perdre, car tout l’art de cette littérature est de vous montrer à quel point votre vie est bien fade par rapport à celle de Mlle Ana Steel !

Pour résumé, nous nous identifions avec soumission à une jeune femme :

-          Sans PC ni connexion Internet en 2013

-          N’ayant pas connaissance de l’existence du Loup à près de 25ans  (Vous connaissez-vous ? En ce qui me concerne, jamais entendu parler… :))

-          Et fréquentant les bibliothèques pour avoir des infos sur le BDSM, tout en se cachant de la méchante bibliothécaire…

Et pourtant, et pourtant ! La petite Ana Steele  a un atout exceptionnel qui nous ferait toute pâlir de jalousie (enfin je crois ?) : Mlle Steele jouit tous les week-end et dans toutes les positions ! Bienvenue dans le monde des bisounours ! 

Oh chère Ana Steele, j’espère qu’en rentrant à la maison Monsieur Grey sera là pour me fesser moi aussi  ! :D

 

Juste pour le plaisir de rire un coup

Les effets dangereux de Cinquante nuances de Grey